La 5e édition du festival Djaram’Art fut une grande réussite. Cette année
l’événement s’est déroulé sur un temps plus long et un espace plus large afin de diffuser l’art dans la rue auprès du plus grand nombre. Du 1 er au 7 avril 2018, le festivalDjaram’Art a accueilli plus de 5000 spectateurs. A Ndayane du 1er au 5 avril, la 5e édition de Djaram’Art s’est établie pour faire vivre ce village lébou, avec la participation des habitants, offrant spectacles, exposition photographie et graffitis, marché artisanal local et ateliers cirque et marionnettes. A Kelle le 3 avril, Djaram’Art a présenté un spectacle. Au Trampoline Kay Bondé de Dakar le 4 avril, le festival est revenu à son lieu
d’origine pour offrir un moment de joie et de partage aux enfants talibés ainsi qu’à tous les enfants, en ce jour de fête de l’indépendance. A Toubab Dialaw le 5 avril, Djaram’Art s’est invité sur une place publique pour offrir aux 35 enfants de l’école du Dialaw et à une centaine d’enfants du village deux
prestations de cirque. A l’Institut français de Dakar le 7 avril, le festival s’est clôturé avec déambulation, spectacles, ateliers et présentation de la création Wontanara – Make it grey Le festival s’est déroulé autour du thème « Droit à la Santé pour Tous », nous permettant de réaliser des soins dentaires pour plus de 210 enfants de Ndayane et des daaras.

Les compagnies présentes

Circoballe Elle…Oh ! (France)
Loli et Ouzzo nous racontent l’histoire
de l’arbre magique: le kracus, entre
humour, jonglage, mélodies et parole.

Cies Digestif et Notre Monde
Wontanara – Make it Grey (Coproduction
Guinée Conakry et Suisse – en partenariat
avec Djarama – projet soutenu par la CITF)
Cette création artistique interculturelle
est née de la rencontre entre la Cie
Notre Monde (Guinée Conakry) et la Cie
Digestif (Suisse) lors de la dernière
édition du festivalDjaram’Art, en 2016.
Le langage du corps est au cœur du
projet. Le respect de l’autre, la fragilité
et la force de la rencontre avec
l’inconnu est racontée par la danse,
l’acrobatie, le théâtre du mouvement et
la musique

Big Up Cie
Lulu Knet (France)
Du théâtre de marionnette participatif,
rythmé par la playlist karaoké de Lulu
et faisant participer petits et grands,
entraînés par le chant et la danse.

Flaska Show
Clown Zag (France)
Le clown Zag, dans son spectacle
participatif, émerveille et amuse les
enfants par ses numéros et tours de
magie.

Juste Après
Hybrides (France)
Deux corps sur scène, un musicien à
l’arrière, Hybrides nous emporte dans
un spectacle de marionnette de corps à
corps entre la danseuse et son double
marionnette, dansant au rythme des
mélodies de la trompette.

Sambaobab (Sénégal)
Groupe de percussions afrobrésiliennes de Dakar, Sambaobab a
rythmé les parades du festival au son de
la batucada

Lino Zed (France)
Le clown Lino Zed nous invite dans son
univers burlesque, entre partie de
tennis, tours de magie, contorsions, un
spectacle pour le plus grand mystère et
plaisir des enfants.

Sencirk (Sénégal)
Les artistes de l’association Sencirk,
habitués des actions de cirque social,
nous livrent d’impressionnants
spectacles d’acrobaties.

Simb (Sénégal)
Les traditionnels faux lions ont
accompagné la déambulation de
l’ouverture du festival à Ndayane.

Femmes de Ndayane (Sénégal)
Les femmes du village nous ont offert
une prestation de danses et musiques
lébous, nous montrant ainsi la richesse
de leur culture traditionnelle.

Des formations photographie et graffiti avec le graffeur Sénégalais King Mow
et le photographe Français Virgile Sani-Gémonet ont été dispensées pour une
vingtaine de jeunes de Ndayane et réalisées en amont du festival. L’objectif de ce travail d’éducation artistique est de faire connaitre aux jeunes le métier d’artiste, les arts de la rue et les différentes formes d’expressions artistiques. Le but de Djarama est de continuer à suivre ces jeunes et leur permettre de développer ces activités en accédant à d’autres formations.

King Mow (Sénégal) a initié les enfants au graffiti conscient, engagé et humaniste. Pendant une semaine, les jeunes ont travaillé avec cet artiste sur la réalisation d’une fresque sur le thème de cette 5 e édition de Djaram’Art « Droit à la santé pour tous »,ainsi que sur la mémoire du village. Sur papier et sur mur les enfants se sont exprimés par le graffiti, transcrivant le mot « santé » en wolof, « wergu yaram ».Virgile Sani-Gémonet, du collectif Nejma (France) crée des projets de territoire au plus près des publics. Venu au Sénégal avec une dizaine d’appareils photo, Virgile a accompagné sur une semaine des enfants de Ndayane en parcourant les rues du village pour capturer la mémoire de leur territoire, avec l’aide de Mactar Faye (ASC Santiaba -Ndayane). Sur le thème « Regards d’habitants », ils ont photographié ce qui,pour eux, représente leur village. Leurs œuvres ont fait l’objet d’une exposition itinérante durant le festival pendant trois jours à Ndayane, une journée au Trampoline Kay Bondé de Dakar ainsi qu’à l’Institut français de Dakar. Le recueil de parole et d’écriture ont aussi été utilisées pour accompagner ce travail de mémoire.

Le projet du Festival Djaram’Arts est de développer et de favoriser la culture
auprès du jeune public. Pendant les six jours du festival, les artistes sénégalais,
français, suisses et guinéens, nous ont livré de belles performances artistiques.
L’art de rue permet à chacun d’accéder à l’expression artistique parfois privatisée par certaines catégories de la population, par les codes qui la définissent, par sa tenue dans des lieux fermés et par le prix de l’accès à la culture. En introduisant l’art dans la rue,nous cherchons à en développer l’accès et la visibilité, notamment pour les enfants défavorisés et les talibés dont la rue est l’environnement principal.La gratuité du festival permet à chacun d’accéder à cet événement, tous milieux sociaux. « Xalé xalé la », signifiant un enfant est un enfant en wolof, est notre crédo. Le festival Djaram’Art nous permet de concrétiser cela en réunissant les enfants de tous
les environnements confondus, leur permettant de partager un moment de joie et de créativité en oubliantles barrières sociales qui marquent nos sociétés

Après une première édition en 2016, la course d’ânes initiée par Alessandro Fanni est revenue cette année à Ndayane. Alors que les ânes sont habituellement utilisés pour le transport et souvent maltraités, ici les douze participants ont parcouru à dos d’âne le chemin de la course, tout en devant respecter l’animal. Les équipes de deux enfants représentant leur quartier (Tilène, Keuri Kao, HLM Firdawsi,Dioumadi, Santiaba, Kaoka) se sont confrontées à cette compétition burlesque. A l’issue du festival, le jeudi 5 avril, les vainqueurs se sont vus remettre un drapeau et des lots pour les féliciter de leur performance.

Initié par les jeunes de Ndayane, ce gala de lutte s’est tenu sur deux jours, les lundi 2 avril et mardi 3 avril. Il avait pour but de rappeler et de montrer aux enfants que la lutte traditionnelle Sénégalaise est à l’origine pacifiste car nous voyons aujourd’hui que ce sport se pratique de manière très violente. Les jeunes écoliers et collégiens se sont rencontrés pour des combats interscolaires. A l’issue du festival, le jeudi 5 avril, les vainqueurs se sont vus remettre un drapeau et des lots pour les féliciter de leur performance.

Dans le cadre du thème de cette 5e édition de Djaram’Art : « Droit à la santé pour tous », le mercredi 4 avril 2018 s’est tenue une action de sensibilisation et de soins dentaires gratuits au poste de santé de Ndayane. Grâce à l’appui du chirurgien dentiste Mouhamadou Naby Ndiaye du district sanitaire de Popenguine et du chef de poste de santé Cheikh Ciss de Ndayane, ainsi qu’à l’aide des médecins de l’association dakaroise Présence médicale, nous avons pu répondre à nos objectifs d’offrir des soins dentaires aux enfants de Ndayane et des daaras. Le Ministère de la Santé du Sénégal a contribué à cette action santé destinée à l’hygiène bucco-dentaire des enfants de Ndayane, en nous offrant les médicaments pour la réalisation des soins. Le surplus fut offert au poste de santé de Ndayane pour les soins ultérieurs. Les dentistes de l’association Présence médicale de Dakar (Jean Charles Ndecky, Andalla Thiam, Birassy Ka, Clément Tine, Bineta Kane Dia), les médecins Cheikh Ciss
et Mouhamadou Naby Ndiaye, ont réalisé les soins dentaires pour plus de 210
enfants durant la journée. Mouhamadou Naby Ndiaye s’est engagé à poursuivre cette action en ouvrant gratuitement les portes de son cabinet deux
après-midi par semaine pour les enfants qui nécessitent un suivi dentaire. Chaque enfant, à l’issue de la consultation, s’est vu offrir une brosse à dent et une pâte dentifrice dans l’objectif de pérenniser cette action destinée à l’hygiène bucco-dentaire. Ce sont les artistes du festival ainsi que Véronique Mestre de l’association « Amitiés Solidaires » qui ont généreusement offert
ces 200 brosses et dentifrices pour les enfants de Ndayane.

« Dans l’imaginaire des Sénégalais, Ndayane est un village légendaire, son existence est pourtant bien réelle ». Le but de l’installation de Djarama à Ndayane et de ce festival biannuel est de valoriser et faire découvrir ce village légendaire que peu de Sénégalais connaissent, de contribuer au développement local en impliquant la population du village. Au cœur de Ndayane à côté de la place publique, un « village du festival » fut installé du 1er au 5 avril 2018 sous le quai de pêche en construction. Pendant ces cinq jours, les artisans et producteurs locaux (de Ndayane et des villages environnants de Kelle et
Toubab Dialaw) ont présenté leur travail. L’objectif était de dynamiser leurs secteurs d’activités et les intégrer à notre festival, pour leur plaisir et celui des spectateurs. Ont été accueillis les femmes de l’association action et développement, l’association des handicapés, des tailleurs et créateurs, des antiquaires, ainsi que des artistes peintres.

Cette 5e édition s’est déroulée sur six jours, dans cinq lieux différents, avec divers partenaires citoyens, culturels et financiers. Djaram’Art nous ouvre de nombreuses perspectives. La collaboration avec les habitants de Ndayane fut essentielle au déroulement de ce festival et a permis de nouer des liens qui permettront de continuer à mener des actions culturelles et éducatives au sein du village, contribuant à l’évolution du territoire et au bien commun de ses habitants, tant grâce aux enfants qu’au milieu associatif déjà existant.
Les formations artistiques offertes aux enfants ont permis de montrer les talents qui sont en eux et leur ouvrent la voie pour poursuivre ces activités dans le cadre de formations ultérieures. Nous souhaitons continuer à les suivre et à collaborer avec les écoles et les daaras de Ndayane pour offrir d’autres formations aux enfants au long de leur scolarité, notamment dans le cadre de notre projet « Laboratoire Artistique au collège de Ndayane » pour la formation cirque et marionnettes. Les rencontres artistiques permises par ce festival, entre artistes sénégalais comme internationaux, permettent comme l’a montrée la réalisation de Wontanara, de tisser de forts liens au sein de ce monde de l’art et de créer des pièces artistiques uniques.

Ils nous ont soutenu…